Berlin, une ville qui se vit à deux allures

Petit parisien, détends-toi. Te voilà arrivé à Berlin

Les français sont aisément reconnaissables à Berlin : ils parlent la langue de Molière et ne feront globalement que peu d’efforts pour marmonner quelques mots de la langue de Goethe. Cela vaut d’ailleurs pour tous les pays dans lesquels le français moyen se rend. Plus spécifiquement, le parisien est grincheux, il n’aime pas trop parcourir de longues distances juchées sur ses gambettes – pis ! Un appartement de locations à Berlin peut ne pas disposer d’un ascenseur ! –, se plaint que le u-bahn ne passe pas à une fréquence acceptable – le seul d’acceptabilité du passage d’un métro est de trois minutes maximum et trouve la nourriture fade ou pas assez en adéquation avec son régime à base de thé au Ginseng et courgettes farcies à la datte séchée.

À la découverte d’un autre monde

Ce premier contact fort antipathique avec les français est difficilement pardonnable mais explicable. En effet, il est difficile d’imaginer qu’un monde existe en dehors de nos frontières, arborant 70 ans après la fierté de la ligne Maginot comme symbole d’une grande réussite militaire. Plus spécifiquement encore, le parisien imagine déjà difficilement une vie après porte de Clignancourt ou Porte de Montreuil alors en dehors de l’Île-de-France, c’est quasiment impensable – même pour les plus érudits d’entre eux. Et pourtant ! Près de 5 millions d’habitants dans une ville dix fois plus étendue que leur chère capitale : ça fait un paquet d’appartements berlinois à meubler pourtant – marché idéale pour les designers parisiens boboïsants. Berlin, c’est pourtant une capitale qui respire, on l’on prend le temps de vivre – nettement plus que notre capitale asphyxié et asphyxiante du moins. L’on ne rue pas sur les portes des transports en commun sur le qui-vive pour ne pas avoir à patienter de longues minutes supplémentaires, on réapprend à vivre en somme.

Une transformation presque parfaite

Un vrai puriste toutefois ne nierai jamais totalement sa nature profonde mais de gros efforts peuvent être effectués et des résultats peuvent être escomptés. La relaxation s’apprend petit à petit, et il est probable qu’après quelques mois passés dans la capitale germanique, vous soyez capable d’apprécier vous balader à Tempelhof ou dans le Görlitzer Park manger une wurst et faire tous ces trucs tellement berlinois. Toutefois, il vous faudra des années pour perdre cette vilaine habitude de se plaindre sans cesse – vous vous en rendrez compte, ces gémissements intempestifs sont parfois devenus un leitmotiv à votre vie et s’en débarrasser est d’autant plus ardu. Vous prendrez également du temps avant de réapprendre dans un espace personnel plus grand qu’une cage à poules. En effet, un appartement à Berlin dispose d’une taille humaine et souvent, il est haut de plafond. Pas évident-évident lorsque l’art de la compression est devenu votre crédo après 8 ans de vie solitaire au cœur de Paris.

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